RAPPORT DE L’ONGDH FORUM DE LA FEMME MENAGERE « FORFEM » SUR LA CELEBRATION DE LA JOURNEE DU 28 MAI 2009 AVEC COMME THEME : « LA JUSTICE DE LA REPRODUCTION, PAS LE CONTROLE DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIE.
- La présentation des ONGS présentes citées ci-haut, notamment, l’ONG « FORFEM » Comme étant une ONG de promotion et de défense de droit à la santé de reproduction et ayant comme activités la sensibilisation, le renforcement des capacités et l’animation de la Clinique juridique. Il est membre d’AMANITARE, qui est un réseau africain des droits reproductifs et sexuels depuis 2007, du Réseau Mondial des Femmes pour les droits reproductifs depuis 2005. FORFEM est aussi l’une des ONGS initiatrices de « SOLIDRES »qui est une Chaîne de Solidarité pour les Droits à la Santé de Reproduction, un réseau congolais, cette présentation était faite par Nathalie YOKA, Conseillère juridique de FORFEM.
L’ONG MVAD s’était également présentée comme étant une ONG des droits à la santé de reproduction, membre de RMDFR depuis 2003, sa présidente Mathurine LUZOLO, avait l’honneur de présenter sa structure à cette occasion, et avait poursuivi en présentant le RMFDR qui œuvre pour la promotion et à l’amélioration des droits à la santé reproductive des femmes en matière de sexualité et de reproduction (DSSR).
RMFDR, est un réseau de 2000 Organisations autonomes et particuliers, actifs dans 157 Pays du monde crée depuis 1984, sa mission est d’informer, de mettre en relation, de stimuler et de renforcer l’engagement des organisations et des particuliers dans le monde à promouvoir et à améliorer efficacement la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction de toutes les femmes, jeunes filles et petites filles.
- Le plaidoyer fait par Joséphine NGALULA axé :
Sur la politique sociale en ce qui concerne la formule surpopulation = pauvreté, qui détourne l’attention et les ressources des causes réelles de la pauvreté, face au taux élevé de natalité. Cette approche est perçue comme un écran de fumée derrière lequel les gouvernements du Sud et les Agences d’aide financière du Nord peuvent cacher leur échec face aux défis de la répartition inégale des richesses et du pouvoir, qui empêche un développement holistique. D’où :
· Le contrôle de la croissance démographique est substitué à la justice sociale et aux reformes urgentes ; telles que la redistribution des terres, la création d’emplois, l’accès à l’éducation de masse et aux systèmes de santé et l’émancipation des femmes ;
· Il y’a autant d’urgences qui sont commodément ignorées. Les conditions de survie difficiles qui sont la source des taux de mortalité élevées restent bien réelles.
· Interpellation par rapport aux ressources de notre pays, capable de résoudre ces problèmes repris dans le programme de CIPD, conformément à la Constitution de la République dans ses art. 58 ; 59 ; 60
· Quinze années depuis la Conférence Internationale sur la Population et le développement (CIPD) tenue au Caire en Egypte, et qui contient 200 recommandations notamment l’accès à des soins de santé complets relatifs à la reproduction, la problématique de la santé de reproduction en R.D.C regorge beaucoup de problèmes dont il est important de chercher des voies et moyens pour les résoudre. Malgré les avancés, les Femmes accouchent dans des conditions moins recommandées par Les O.M.D (Objectif 4 & 5) et L’ O.M.S à plus de 50%, notre code de la famille ne mentionne pas spécialement cette question, aussi la ratification du protocole de la Charte Africaine des Droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des Femmes, continue de demeurer en souffrance car contenant des dispositions relatives aux droits à la santé reproductive qui ne répondent pas aux prescrits de la religion, privant ainsi la femme des uns de ses droits humains.
- La réplique au plaidoyer par le Dr ISABELLE MASHAGIRO, représentante du Programme National de la Santé Reproductive « P.N.S.R. » en sigle, ce dernier avait donné les objectifs et mission de leur structure, à savoir :
· vulgariser les normes relatives à la santé reproductive à travers les partenaires étrangers et les ONG nationales. Il se réfère aux objectifs 2 et 4 des O.M.D ainsi qu’aux recommandations de la CIPD dans sa composante 5 qui stipule que les hommes soient informés et impliqués dans les problèmes de la santé reproductive.
Mais, il existe des obstacles dans la réalisation de cet objectif ; Par exemple : Les articles 335, 407, et 422 du Code de la famille qui stipule que la femme ne doit pas utiliser les méthodes contraceptives. Cela doit être abrogé pour que les femmes jouissent entièrement de leurs droits en matière de la santé reproductive.
Par ailleurs, Le P.N.S.R manque des moyens pour pouvoir réaliser les activités Sur toute l’étendue de la R.D.C étant donné qu’il existe 515 Zones de Santé dans le Pays et 105 dans la ville de Kinshasa. Elle avait parlé aussi des 9 composantes de la santé de reproduction et des causes de mortalité maternelle, les échanges sur le tabou des contraceptifs avaient également eu lieu.
Les recommandations formulées lors de cet appel à l’action 2009 sont les Suivantes
AU GOUVERNEMENT
· Eduquer le public au sujet du PICD en tenant compte de notre situation, les réalités que nous rencontrons et les besoins auxquels il faut répondre.
· Demander à notre gouvernement d’intégrer les recommandations du PICD dans les politiques et les législations nationales.(réforme du code de la famille, ratification du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes etc..)
· De s’occuper du problème de la justice de la reproduction par l’éducation formelle et informelle, la lutte contre la pauvreté, les services de santé génésique, les lois et le système judiciaire afin qu’ils protègent les droits en matière de reproduction et sexualité.
· De mettre en application effectivement les dispositions contenues dans les articles 58 ; 59 ; 60 de la Constitution de la République qui est notre loi fondamentale, les dites dispositions relatives à la jouissance par les congolais des leurs ressources.
AUX ONGS DES DROITS A LA SANTE DE REPRODUCTION
· Lors de nos campagnes, mettre en avant les problèmes des pratiques culturelles et des croyances religieuses qui mettent à mal les objectifs du PICD et demander que notre gouvernement s’occupe de ce problème par l’éducation (formelle et Informelle), la lutte contre la pauvreté, les services de santé génésique, les lois et Le système judiciaire afin qu’ils protègent les droits en matière de reproduction et de Sexualité des femmes et filles, revendiquer la mise en application de la Constitution dans ses arts. 58 ; 59 ; 60
· Faire entendre la déclaration du RMDFR au PICD + 15 : « le problème de la population n’est pas le surplus d’individus, mais le fait que trop des femmes souffrent du non-respect de leurs droits ; beaucoup de personnes n’ont pas suffisamment accès aux ressources.
· Dans les évaluations du PICD et le reporting des ONG, et par les médias communautaires et de masse, mettre en avant la surveillance des pratiques religieuses / culturelles et souligner la situation en matière de reproduction des femmes et des filles dans les zones urbaines et rurales pauvres, dans les communautés indigènes et dans les situations de conflit, pour mesurer les progrès de la mise en œuvre du PICD.
· Mettons en commun nos idées de projet et nos stratégies de campagnes, aidons nous mutuellement dans la recherche de financements au travers de partenariats et d’autres formes de collaborations, et faisons connaître notre mission et nos programmes parmi es organismes de financement.
AUX PARTENAIRES DE FINANCEMENT
Les fonds et les ressources pour la population doivent être consacrés à la justice de la reproduction ; aux programmes de développement qui touchent aux problèmes des droits en matière de reproduction dans le contexte de lutte contre la pauvreté et des transformations culturelles ; aux femmes et aux filles qui en ont un besoin urgent et direct dans les zones urbaines et rurales pauvres, dans les communautés indigènes et dans les situations de conflit.
Les interviews étaient accordées à cette occasion par la presse et le cocktail offert pour clôturer cette journée tout en gardant à l’esprit la campagne qui va se poursuivre.
CONCLUSION
La tradition a été respecté dans l’ONG FORFEM, la célébration de la journée du 28 mai 2009 de l’Appel à l’Action pour la santé des femmes, placée sous le thème : « la justice de la reproduction, pas le contrôle de la croissance » a permis de mener un plaidoyer pour l’amélioration de la politique en cette matière, étant donné le vide contenu dans nos textes juridiques et la non application des certaines dispositions constitutionnelles susceptible de répondre au programme de CIPD.
Un travail en synergie des organisations des droits à la santé de reproduction s’avère indispensable pour des campagnes et les bailleurs de fonds de regarder plus dans le sens de la justice de la reproduction
Fait à Kinshasa, le 28 mai 2009
Mathurine LUZOLO LUYOKA et Ornella KABANGU MUSHIYA