jeudi 25 juin 2009

RAPPORT DE L’ONGDH FORUM DE LA FEMME MENAGERE « FORFEM » SUR LA CELEBRATION DE LA JOURNEE DU 28 MAI 2009 AVEC COMME THEME : « LA JUSTICE DE LA REPRODUCTION, PAS LE CONTROLE DE LA CROISSANCE DEMOGRAPHIE.

- La présentation des ONGS présentes citées ci-haut, notamment, l’ONG « FORFEM » Comme étant une ONG de promotion et de défense de droit à la santé de reproduction et ayant comme activités la sensibilisation, le renforcement des capacités et l’animation de la Clinique juridique. Il est membre d’AMANITARE, qui est un réseau africain des droits reproductifs et sexuels depuis 2007, du Réseau Mondial des Femmes pour les droits reproductifs depuis 2005. FORFEM est aussi l’une des ONGS initiatrices de « SOLIDRES »qui est une Chaîne de Solidarité pour les Droits à la Santé de Reproduction, un réseau congolais, cette présentation était faite par Nathalie YOKA, Conseillère juridique de FORFEM.



L’ONG MVAD s’était également présentée comme étant une ONG des droits à la santé de reproduction, membre de RMDFR depuis 2003, sa présidente Mathurine LUZOLO, avait l’honneur de présenter sa structure à cette occasion, et avait poursuivi en présentant le RMFDR qui œuvre pour la promotion et à l’amélioration des droits à la santé reproductive des femmes en matière de sexualité et de reproduction (DSSR).

RMFDR, est un réseau de 2000 Organisations autonomes et particuliers, actifs dans 157 Pays du monde crée depuis 1984, sa mission est d’informer, de mettre en relation, de stimuler et de renforcer l’engagement des organisations et des particuliers dans le monde à promouvoir et à améliorer efficacement la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction de toutes les femmes, jeunes filles et petites filles.

Ensuite, les participants ont appris à se connaître les uns et les autres dans le but de Créer une atmosphère de confiance et de respect qui les transporterait tout au long de la réunion.

- Le plaidoyer fait par Joséphine NGALULA axé :

Sur la politique sociale en ce qui concerne la formule surpopulation = pauvreté, qui détourne l’attention et les ressources des causes réelles de la pauvreté, face au taux élevé de natalité. Cette approche est perçue comme un écran de fumée derrière lequel les gouvernements du Sud et les Agences d’aide financière du Nord peuvent cacher leur échec face aux défis de la répartition inégale des richesses et du pouvoir, qui empêche un développement holistique. D’où :

· Le contrôle de la croissance démographique est substitué à la justice sociale et aux reformes urgentes ; telles que la redistribution des terres, la création d’emplois, l’accès à l’éducation de masse et aux systèmes de santé et l’émancipation des femmes ;

· Il y’a autant d’urgences qui sont commodément ignorées. Les conditions de survie difficiles qui sont la source des taux de mortalité élevées restent bien réelles.

· Interpellation par rapport aux ressources de notre pays, capable de résoudre ces problèmes repris dans le programme de CIPD, conformément à la Constitution de la République dans ses art. 58 ; 59 ; 60

· Quinze années depuis la Conférence Internationale sur la Population et le développement (CIPD) tenue au Caire en Egypte, et qui contient 200 recommandations notamment l’accès à des soins de santé complets relatifs à la reproduction, la problématique de la santé de reproduction en R.D.C regorge beaucoup de problèmes dont il est important de chercher des voies et moyens pour les résoudre. Malgré les avancés, les Femmes accouchent dans des conditions moins recommandées par Les O.M.D (Objectif 4 & 5) et L’ O.M.S à plus de 50%, notre code de la famille ne mentionne pas spécialement cette question, aussi la ratification du protocole de la Charte Africaine des Droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits des Femmes, continue de demeurer en souffrance car contenant des dispositions relatives aux droits à la santé reproductive qui ne répondent pas aux prescrits de la religion, privant ainsi la femme des uns de ses droits humains.



- La réplique au plaidoyer par le Dr ISABELLE MASHAGIRO, représentante du Programme National de la Santé Reproductive « P.N.S.R. » en sigle, ce dernier avait donné les objectifs et mission de leur structure, à savoir :

· vulgariser les normes relatives à la santé reproductive à travers les partenaires étrangers et les ONG nationales. Il se réfère aux objectifs 2 et 4 des O.M.D ainsi qu’aux recommandations de la CIPD dans sa composante 5 qui stipule que les hommes soient informés et impliqués dans les problèmes de la santé reproductive.

Mais, il existe des obstacles dans la réalisation de cet objectif ; Par exemple : Les articles 335, 407, et 422 du Code de la famille qui stipule que la femme ne doit pas utiliser les méthodes contraceptives. Cela doit être abrogé pour que les femmes jouissent entièrement de leurs droits en matière de la santé reproductive.

Par ailleurs, Le P.N.S.R manque des moyens pour pouvoir réaliser les activités Sur toute l’étendue de la R.D.C étant donné qu’il existe 515 Zones de Santé dans le Pays et 105 dans la ville de Kinshasa. Elle avait parlé aussi des 9 composantes de la santé de reproduction et des causes de mortalité maternelle, les échanges sur le tabou des contraceptifs avaient également eu lieu.


Les recommandations formulées lors de cet appel à l’action 2009 sont les Suivantes

AU GOUVERNEMENT

· Eduquer le public au sujet du PICD en tenant compte de notre situation, les réalités que nous rencontrons et les besoins auxquels il faut répondre.

· Demander à notre gouvernement d’intégrer les recommandations du PICD dans les politiques et les législations nationales.(réforme du code de la famille, ratification du protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes etc..)

· De s’occuper du problème de la justice de la reproduction par l’éducation formelle et informelle, la lutte contre la pauvreté, les services de santé génésique, les lois et le système judiciaire afin qu’ils protègent les droits en matière de reproduction et sexualité.

· De mettre en application effectivement les dispositions contenues dans les articles 58 ; 59 ; 60 de la Constitution de la République qui est notre loi fondamentale, les dites dispositions relatives à la jouissance par les congolais des leurs ressources.

AUX ONGS DES DROITS A LA SANTE DE REPRODUCTION

· Lors de nos campagnes, mettre en avant les problèmes des pratiques culturelles et des croyances religieuses qui mettent à mal les objectifs du PICD et demander que notre gouvernement s’occupe de ce problème par l’éducation (formelle et Informelle), la lutte contre la pauvreté, les services de santé génésique, les lois et Le système judiciaire afin qu’ils protègent les droits en matière de reproduction et de Sexualité des femmes et filles, revendiquer la mise en application de la Constitution dans ses arts. 58 ; 59 ; 60

· Faire entendre la déclaration du RMDFR au PICD + 15 : « le problème de la population n’est pas le surplus d’individus, mais le fait que trop des femmes souffrent du non-respect de leurs droits ; beaucoup de personnes n’ont pas suffisamment accès aux ressources.

· Dans les évaluations du PICD et le reporting des ONG, et par les médias communautaires et de masse, mettre en avant la surveillance des pratiques religieuses / culturelles et souligner la situation en matière de reproduction des femmes et des filles dans les zones urbaines et rurales pauvres, dans les communautés indigènes et dans les situations de conflit, pour mesurer les progrès de la mise en œuvre du PICD.

· Mettons en commun nos idées de projet et nos stratégies de campagnes, aidons nous mutuellement dans la recherche de financements au travers de partenariats et d’autres formes de collaborations, et faisons connaître notre mission et nos programmes parmi es organismes de financement.



AUX PARTENAIRES DE FINANCEMENT

Les fonds et les ressources pour la population doivent être consacrés à la justice de la reproduction ; aux programmes de développement qui touchent aux problèmes des droits en matière de reproduction dans le contexte de lutte contre la pauvreté et des transformations culturelles ; aux femmes et aux filles qui en ont un besoin urgent et direct dans les zones urbaines et rurales pauvres, dans les communautés indigènes et dans les situations de conflit.

Les interviews étaient accordées à cette occasion par la presse et le cocktail offert pour clôturer cette journée tout en gardant à l’esprit la campagne qui va se poursuivre.

CONCLUSION

La tradition a été respecté dans l’ONG FORFEM, la célébration de la journée du 28 mai 2009 de l’Appel à l’Action pour la santé des femmes, placée sous le thème : « la justice de la reproduction, pas le contrôle de la croissance » a permis de mener un plaidoyer pour l’amélioration de la politique en cette matière, étant donné le vide contenu dans nos textes juridiques et la non application des certaines dispositions constitutionnelles susceptible de répondre au programme de CIPD.

Un travail en synergie des organisations des droits à la santé de reproduction s’avère indispensable pour des campagnes et les bailleurs de fonds de regarder plus dans le sens de la justice de la reproduction

Fait à Kinshasa, le 28 mai 2009

Les rapporteurs :
Mathurine LUZOLO LUYOKA et Ornella KABANGU MUSHIYA

mardi 2 juin 2009

28 mai : Journée Internationale d'action pour la santé des femmes

L’accès à des services de santé de qualité: Un droit pour les femmes

La Journée d’action pour la santé des femmes a été créée au Costa Rica lors de la cinquième Rencontre internationale sur la santé des femmes en 1987. Après huit ans de campagne pour combattre la mortalité et la morbidité maternelles, les femmes ont estimé qu’il fallait recentrer la campagne autour du phénomène de privatisation dans un contexte néolibéral. C’est pour cette raison que la Journée internationale d’action de 1997 aura pour cible les problèmes d’accès à des services de santé de qualité, accès considéré comme un droit des femmes.

En effet, au cours des dernières années, le mouvement des femmes s’est vu confronter à un défi sans précédent posé par un courant néolibéral touchant le domaine politique, économique et social. Même s’il est vrai que ces politiques ont été mises en place de manière différente selon les pays, il est impossible de ne pas voir au delà de ces différences une similitude frappante dans les résultats. Ces politiques impliquent des restrictions budgétaires, la privatisation d’entreprises et de services publics, la centralisation des dépenses publiques et l’adoption de toute une série de stratégies de restructuration économique. Invariablement, le résultat a été l’appauvrissement d’une grande partie de la population et une érosion significative des liens dans la société civile.

Les femmes ont de tout temps été les plus pauvres parmi les pauvres. Avec l’introduction des réformes économiques néolibérales dans bon nombre de pays, la pauvreté chez les femmes s’est aggravée davantage. Par voie de conséquence, leurs possibilités de jouir d’une bonne santé et de préserver leur bien-être sont réduites. L’amélioration de la qualité de vie des femmes passe donc nécessairement par une transformation de la situation actuelle.

La santé n’est plus considérée comme un droit humain élémentaire. Au contraire, dans un contexte de marché privatisé, elle s’est transformée en un nouveau produit qui s’achète. Avec la privatisation, l’accès à des services de santé n’a fait que se réduire davantage pour la majorité des femmes. Ainsi les problèmes ont-ils été envisagés de manière spécifique, sans tenir compte, dans une dimension globale, de la dynamique sociale et politique dans laquelle les femmes vivent et travaillent au sein de la société. Cette Journée internationale d’action pour la santé des femmes est une occasion de lutter contre la privatisation et la commercialisation des services de santé et de militer pour que l’accès à des services de qualité soit un droit pour les femmes.

Dans le contexte actuel, les femmes font face à de nombreux obstacles et l’âge, la classe sociale, la race et l’origine ethnique sont des facteurs qui risquent de réduire davantage leur accès à des services de santé de qualité.

Des obstacles économiques

Des taux de chômage élevés chez les femmes, un accès réduit à l’éducation et des inégalités salariales entre hommes et femmes sont autant de facteurs qui limitent l’accès des femmes à des services de santé.

Des obstacles sexistes

Les problèmes de santé des femmes ne sont pas pris au sérieux et tendent à revêtir moins d’importance au sein de la société. Les femmes réussissent à obtenir moins d’informations au sujet de leur santé que les hommes. Ceci ne leur donne pas l’occasion de prendre des décisions en toute connaissance de cause quant à la nature des services de santé auxquels elles désireraient accéder.

Des obstacles culturels

Les services de santé négligent souvent de tenir compte des traditions et des coutumes locales associées à bon nombre d’aspects de la santé et du bien-être des femmes. La médicalisation de leurs problèmes de santé a altéré la nature des services auxquels elles ont accès, comme en témoigne la surmédicalisation de la ménopause.

Des obstacles politiques

Un manque de volonté politique au niveau national et local lorsqu’il s’agit d’organiser des services de santé tenant compte des différences entre les sexes et l’existence de législation inappropriée sur les grands problèmes de santé que connaissent les femmes, par exemple l’avortement, sont autant d’obstacles supplémentaires à l’accès des femmes à des services de santé correspondant à leurs besoins.

Des obstacles liés aux mythes sur la sexualité des femmes :

Les femmes ne sont pas libres de prendre des décisions quant à leur corps et leurs préférences sexuelles. Elles n’ont pas l’occasion d’exprimer leur sexualité, sans redouter d’être victimes de violence ou de discrimination. Les lesbiennes sont en général exclues du système de santé, étant donné qu’elles ne sont pas considérées comme des êtres reproducteurs ou actifs sexuellement. Les droits doivent s’accompagner du pouvoir d’exercer ces droits. Les droits économiques et sociaux sont des conditions préalables à l’exercice des droits en matière de santé et l’exercice de ces droits permet d’arriver à une équité sociale. Il est temps de critiquer les politiques néolibérales, en soulignant leur impact sur l’accès des femmes à des services de santé de qualité et en œuvrant pour garantir le droit des femmes à un système de santé de qualité qui tient compte des différences entre les sexes.